Sea Air

 

 

I’m weary in my bones and all my books are read.

Oh to be far away! How I envy those birds

Reeling above the airy sea-foam to the skies!

For there is nothing, nothing now to keep me here

No memories of faded beauty can hold back

This longing for the ocean’s swell that steeps my soul,

Nor the lonely nights when my desk lamp’s empty glare

Fell stark on the accusing blankness of the page

Not even this mother with a child at her breast.

I will be gone! Lift anchor now and hoist the sail,

On course for fertile and exotic shores!

 

Downed by slings and arrows, the world-weary still cling

To the drama of the last farewell, but then perhaps

At journey’s end, storm-tossed and broken-masted

Forever sunk, they must forgo their paradise…

Yet in my heart I hear the call, the siren’s song.

 

 

Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature !

 

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Stéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893

Advertisements